Face au manque d’infrastructures et de spécialistes dans certaines localités de la Côte d’Ivoire, la e-santé se présente comme une solution providentielle pour briser l’isolement sanitaire. Des applications mobiles aux plateformes de diagnostic, le numérique accélère la médecine. Ce vendredi 22 mai, notre reporter Gaëlle est allée à la rencontre de M. Sissoko. Il est le point focal de la plateforme e-santé ici, à San Pedro. M. Sissoko est infirmier au centre médico-social situé à Séwéké ; il nous explique comment ces innovations adaptées aux réalités locales sont en train de transformer la vie des adolescent(e)s et des jeunes.

1 – Quel constat ou quel manque dans le parcours de soins des jeunes a déclenché la création de cette plateforme d’e-santé ?
La création de la plateforme e-santé est une idée qui émane du Programme National de Santé Scolaire et Universitaire – Santé des Adolescents et Jeunes (PNSSU-SAJ) en Côte d’Ivoire. Elle a été conçue pour apporter des informations fiables aux adolescents et aux jeunes.
2 – Pourquoi avoir ciblé spécifiquement les jeunes ? Rencontrent-ils des barrières (tabous, coût, mobilité) pour être consultés en présentiel ?
Les jeunes demeurent la cible de cette plateforme, d’abord parce que leur état de santé est préoccupant. De plus, le milieu des adolescents et des jeunes est particulièrement vulnérable et a un besoin crucial d’informations fiables.
Enfin, on constate une faible fréquentation des centres de santé qui leur sont dédiés, contrastant avec une forte utilisation des réseaux sociaux. Des statistiques montrent d’ailleurs que plus de 70 % des jeunes âgés de 15 à 34 ans ont accès à Internet, d’après les informations publiées par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI).
3 – Concrètement, comment se passe une consultation sur une plateforme de e-santé de A à Z pour un jeune depuis son smartphone ?
Il est important de souligner ici qu’on ne fait pas de consultation médicale sur la plateforme e-santé. Nous apportons des informations fiables à travers des échanges avec des experts. Si l’échange met en évidence le besoin d’une ordonnance ou de soins cliniques, nous orientons le jeune vers une structure appropriée.
4 – La plateforme est-elle gratuite, et comment fonctionne la prise en charge financière de ce public souvent étudiant ou sans revenus fixes ?
Hormis les frais de connexion Internet pour accéder au service, tout le reste est entièrement gratuit.
5 – Peut-on l’utiliser à toute heure, y compris le week-end, moment où les jeunes sont le plus connectés ?
L’application peut être utilisée à tout moment, à l’exception de la rubrique de chat privé qui nécessite la présence en ligne des spécialistes, ce qui n’est pas toujours le cas en continu.
6 – Comment garantissez-vous le secret médical et l’anonymat sur Internet ?
Cela est possible grâce au caractère hautement sécurisé des échanges sur la plateforme.

7 – Depuis le lancement de l’application, quels sont les premiers retours des utilisateurs ?
Pour l’instant, la plateforme est dans sa phase active de déploiement. C’est-à-dire que les responsables se concentrent sur la promotion de l’outil et s’efforcent de convaincre les jeunes de l’adopter, même si l’on rencontre encore quelques difficultés techniques en cours de résolution.
8 – Quels sont les profils des professionnels disponibles ?
Il n’y a pas que des médecins sur cette plateforme. On y trouve une grande diversité de spécialistes (médecins généralistes, informaticiens, infirmiers, assistants sociaux, psychologues, sages-femmes, etc.).
9 – Si vous aviez un message direct à lancer à un jeune qui hésite encore à se connecter ou qui n’ose pas franchir le pas, que lui diriez-vous ?
Si ce jeune aspire à devenir un adulte épanoui et en bonne santé demain, je lui dirais simplement :
« Bro ou ma sister, n’hésite plus, télécharge l’application E-Santé ! »
Gaelle Kouamé