À San-Pedro, une jeune entrepreneure se distingue par son dynamisme et sa créativité dans le secteur agroalimentaire. Derrière la marque AliChips se trouve une passionnée qui s’est lancée dans l’entrepreneuriat après son master en géographie, depuis plus d’an. Nous nous sommes rendus à son stand situé au Zimbabwe, où elle développe son activité très prometteuse autour de la transformation de produits locaux.
Une idée née d’un constat simple
Tout a commencé avec une observation du quotidien : les bananes plantain sont souvent mal exploitées. Entre celles qui sont abandonnées et celles que certains refusent de consommer lorsqu’elles ne sont pas suffisamment mûres, une grande partie de ce produit local est sous-utilisée.

C’est ainsi qu’Alimata décide de transformer cette réalité en opportunité en produisant des chips de bananes plantain naturelles, sans additifs, misant sur la qualité et le respect du produit.
Le choix du naturel et de la qualité
Dans un marché où les chips existent déjà, Alimata se démarque par son engagement : proposer des produits bio, naturels et savoureux. Contrairement à certaines productions qui modifient le goût ou utilisent des ingrédients supplémentaires, elle privilégie l’authenticité. Ses chips se veulent croustillantes, saines et accessibles à tous, avec une durée de conservation pouvant atteindre trois mois.
Une gamme diversifiée pour toucher tous les consommateurs
Après une formation en entrepreneuriat, Alimata comprend rapidement l’importance de diversifier ses produits. Elle élargit alors son offre avec des chips de pomme de terre et des chips de patate douce. Cette stratégie permet de répondre à différents goûts. Les amateurs de chips classiques peuvent se tourner vers la pomme de terre et ceux qui préfèrent des saveurs moins sucrées optent pour la patate douce. Une manière intelligente de toucher une clientèle plus large.

Des défis qui freinent la production
Malgré le succès de ses produits, Alimata fait face à plusieurs difficultés. La pénurie et le coût élevé des matières premières compliquent la production, l’approvisionnement aléatoire de la banane, et aussi l’augmentation du coût de l’huile. À cela s’ajoute un manque d’équipements adaptés.
Aujourd’hui, sa capacité de production est limitée à environ 600 sachets par jour, alors que la demande est bien plus importante. Avec du matériel plus performant, elle pourrait considérablement augmenter sa production.
Une entrepreneure polyvalente et déterminée
Alimata ne se contente pas de produire. Elle est impliquée dans toutes les étapes de la conception des produits, à la création des étiquettes, des emballages, le conditionnement, ainsi que la livraison. Elle peut toutefois compter sur l’aide de ses sœurs, notamment pour le découpage, ce qui renforce l’aspect familial de son entreprise.
Des ambitions au-delà de San-Pedro
Alimata voit grand. Son objectif est clair : faire de AliChips une marque reconnue non seulement à San-Pedro où elle va quitter son stand pour une boutique proprement dite, mais dans toute la Côte d’Ivoire, et même à l’international.
Elle utilise également les réseaux sociaux comme Tik Tok et Facebook pour faire connaître ses produits et toucher un public plus large. Avec son slogan implicite : AliChips est là pour tout le monde. Alima incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs ivoiriens : innovants, engagés et proches des réalités locales.
Son parcours est une preuve que, même avec des moyens limités, il est possible de bâtir un projet solide, en valorisant les ressources disponibles et en répondant aux besoins du marché.
Yao Yao Aristide